ÉDITION 002 – Mon univers naturel et sain | Habitat sain à Monaco
Mon univers naturel et sain
Maintenant que vous savez un peu mieux qui je suis, avec ÉDITION 001- Le début d’une histoire, j’ai envie de vous raconter ce qui m’a progressivement conduit vers mon univers naturel et sain.
Je ne suis pas devenu éco-responsable du jour au lendemain et il n’y a pas eu un moment précis où je me suis dit : « Voilà, à partir de maintenant, je vais travailler dans cette direction. »
Avec le recul, je crois plutôt que tout s’est construit au fil du temps, grâce aux expériences, aux rencontres, aux projets et surtout grâce à une certaine façon de fonctionner qui était déjà là en moi depuis longtemps.
Avant de vous parler d’habitat sain, il faut donc revenir un peu en arrière.
Entre 10 et 20 ans, l’écologie n’était absolument pas dans mon univers. Loin de là.
Je voulais devenir pilote de Formule 1. Mon père, passionné d’automobile, m’a transmis cette passion et m’a fait découvrir les courses de karting.
J’ai donc commencé à courir, d’abord au niveau régional, puis à l’international. Pendant plusieurs années, nous avons passé nos week-ends sur les circuits. J’ai eu la chance de côtoyer plusieurs jeunes pilotes qui allaient ensuite devenir pilotes et parfois même champions du monde de Formule 1.
On se déplaçait presque tous les week-ends sur les circuits pour « brûler de la gomme », comme on disait, et l’essence coulait à flot, forcément.
L’époque était différente et les préoccupations environnementales n’étaient évidemment pas les mêmes. Et pour être honnête, faire attention ne me passait pas vraiment à l’esprit. Avec le recul, aujourd’hui à 41 ans, je pourrais donc parler d’un bilan carbone plutôt désastreux. Je garde pourtant en moi des souvenirs incroyables de ces années. Elles m’ont énormément appris.
Deux univers qui semblent pourtant opposés
Le karting, c’est l’école de l’excellence automobile.
Les paddocks sont propres, organisés, précis. Avant d’entrer en piste, chaque détail compte. Tout est pensé pour gagner quelques dixièmes de seconde, parfois même des millièmes.
Puis, quelques années plus tard, je me suis retrouvé dans le monde du BTP.
À première vue, deux univers complètement différents et pourtant, avec le recul, je me rends compte qu’ils avaient beaucoup plus en commun que je ne le pensais.
Dans les deux cas, il faut observer, comprendre, anticiper, tester, corriger et chercher à faire mieux la fois suivante.
Aujourd’hui, c’est comme ça que j’aborde tous mes projets, personnels comme professionnels.
Je ne suis pas devenu éco-responsable du jour au lendemain
Après mes années de karting, il a fallu trouver ma voie. Mon père travaillait dans la promotion immobilière, cela m’avait donné quelques idées. Je me suis donc dirigé vers l’immobilier. Je voulais travailler « en chemise », comme je disais à ma mère, plutôt que dans un univers poussiéreux de chantier. Je n’ai finalement pas obtenu mon BTS Agent Immobilier. L’école, ce n’était pas mon truc. Je n’y allais pas souvent pour commencer et les règles de vie scolaire et l’assiduité que tout jeune homme devait avoir pour réussir étaient bien loin de moi. Je devais rattraper le temps perdu et, comme nous savons tous que le temps ne se rattrape pas, j’avais tendance à apprendre ce que je considérais comme réellement utile et à laisser de côté ce qui m’intéressait moins. Particulier comme façon de faire, je vous l’accorde. Mais en réalité, et là je suis capable d’apprendre beaucoup, je n’apprends que ce que j’estime utile pour aller plus loin. Le reste, je le laisse de côté.
La vie faisant son chemin, j’ai finalement demandé à mes parents s’ils accepteraient que je travaille avec eux. Et c’est là que j’ai réellement commencé à apprendre les projets. Comme je vous le racontais dans l’Édition 001, j’observais les entreprises, je posais des questions, j’essayais de comprendre leur travail et, surtout, je cherchais à voir comment les choses pouvaient être améliorées. Mon père me faisait participer à tous ces rendez-vous chez les notaires, les avocats et les architectes. La meilleure école, selon moi.
Chercher à faire mieux
Il faut comprendre que dans le monde du karting, on travaille constamment pour améliorer les performances. Sa condition physique, ses réflexes, une pièce, un réglage, une trajectoire… Tout peut être amélioré. En soi, le but est simple : aller plus vite et gagner la course. Je crois que cette manière de fonctionner m’est finalement restée.
Lorsque j’ai commencé à m’intéresser au bâtiment, j’ai simplement appliqué la même logique à un autre univers. Comment faire mieux ?
Le projet qui a tout accéléré
Le véritable déclic est arrivé lorsque mon papa a eu un très grave problème de santé et ma maman me dit :
« François, papa a dit qu’il faut continuer le chantier tout seul. »
Nous étions alors en 2010 et la RT2012 arrivait. J’ai immédiatement vu une opportunité. Pourquoi ne pas réaliser un programme en anticipant cette réglementation afin que les bâtiments soient déjà pensés dans cette logique lorsqu’ils seraient terminés ?
J’ai appelé des écoles, demandé des programmes, acheté des livres et surtout beaucoup appris seul. Je me suis parfois retrouvé face à des professionnels qui ne comprenaient pas forcément mes choix. Mon père lui-même ne voyait pas toujours où je voulais aller. Il y avait probablement une forme de choc générationnel. Mais j’ai continué.
Et finalement, les quatre villas ont été construites avec une classe énergétique A, avec un certificat de conformité du service d’urbanisme.
Pour moi, c’est une grande réussite. Pas parce que tout était parfait, mais parce que j’avais pris une idée, je l’avais étudiée, défendue et transformée en réalité aboutie. Cette expérience m’a finalement donné envie d’aller encore plus loin et de faire de cette spécialisation de terrain mon activité professionnelle.
J’ai créé Concept & Partner.
Un habitat sain, ce n’est pas simplement une maison écologique
C’est progressivement à partir de là que ma réflexion a commencé à changer. Je ne regardais plus seulement la performance d’un bâtiment.
Je commençais à regarder le lieu dans son ensemble. Son environnement, sa lumière, son orientation, ses contraintes, ce que l’on peut conserver, ce que l’on peut améliorer et surtout, les personnes qui vont réellement vivre dans cet espace.
Je crois que c’est à ce moment-là que l’idée d’un habitat plus sain a commencé à prendre sa place dans ma manière de penser.
Dehors, mais aussi dedans
Lorsque l’on parle de construction responsable, on pense souvent au bâtiment dans son ensemble. L’énergie, l’isolation, les équipements, le chantier… Tout cela est évidemment essentiel. Mais qu’en est-il de l’intérieur ? Les peintures, les enduits, les colles, les revêtements, les meubles, les textiles…
Toutes ces matières vont pourtant nous entourer chaque jour.
C’est progressivement devenu une évidence pour moi : si l’on veut réfléchir à un habitat plus sain, il faut aussi regarder ce qui se trouve à l’intérieur.
C’est notamment ce qui m’a conduit à créer Instant Primitif, notre showroom et concept store éco-responsable à Monaco.
Je veux du naturel, mais je veux aussi du beau
C’est probablement l’une des choses qui me caractérisent le plus aujourd’hui. Je ne veux surtout pas tomber dans le cliché d’une écologie qui voudrait que, pour être responsable, il faille renoncer au beau. Je n’y crois pas. Un habitat sain doit être beau et agréable. On doit avoir envie d’y vivre et surtout, on doit s’y sentir bien.
C’est aussi pour cette raison que le choix des matières est devenu essentiel dans mon travail. Je me mets naturellement certaines barrières puisque je ne recherche pas toujours les mêmes produits que les autres architectes d’intérieur. Mais finalement, cette contrainte m’oblige aussi à chercher davantage, à comparer et à comprendre et j’adore ça! Donc no stress.
J’aime les matériaux qui vieillissent, les matières naturelles qui évoluent, qui change. Un enduit peut présenter de petites irrégularités. Je trouve cela intéressant, je ne cherche pas forcément à ce que tout soit figé dans le temps. J’aime qu’un intérieur puisse raconter une histoire, celle qui un jour deviendra la sienne.
Inviter l’extérieur dans son intérieur
Je répète souvent autour de moi qu’il faut inviter l’extérieur dans son intérieur. Je ne parle pas simplement d’ajouter quelques plantes. Je parle de faire entrer le vivant dans notre quotidien: Le bois, la pierre, le liège, les fibres naturelles, la lumière, les végétaux, les textures.
Cette relation entre l’intérieur et le vivant me fascine. Elle explique en grande partie pourquoi les matières occupent aujourd’hui une place aussi importante dans ma manière de concevoir.
Je ne cherche pas la maison parfaite
Il y a une expression que j’aime particulièrement : le parfait imparfait.
Je l’utilise pour décrire cette idée qu’un projet peut comporter des imperfections et être pourtant parfaitement équilibré.
Une matière peut présenter une variation. Un geste artisanal peut laisser une trace. Un enduit peut ne pas être parfaitement uniforme. Et pourtant, l’ensemble fonctionne. Comme dans la nature, une forêt n’est pas parfaite.
Chaque arbre est différent et pourtant, l’ensemble crée un équilibre.
C’est cette forme d’harmonie que je recherche: Le parfait imparfait
Et si le vrai luxe était de bien vivre chez soi ?
Sur la dernière page de mes dossiers d’architecture intérieure, j’ai écrit :
« Le luxe, c’est concevoir des projets de rénovation pour des espaces sains et naturels. »
Je travaille à Monaco et je connais l’univers du luxe. Mais selon moi, le luxe ne se résume pas nécessairement à avoir plus grand, plus cher ou plus spectaculaire. Le luxe peut être beaucoup plus simple: bien respirer, toucher de belles matières, entendre moins de bruit, être confortable.
Pour résumer, se sentir bien chez soi tout simplement.
C’est peut-être finalement cela que je recherche aujourd’hui dans la conception de mes projets.
Alors, qu’est-ce qu’un habitat sain ?
Pour moi, un habitat sain n’est finalement pas une maison remplie de produits écologiques. C’est un lieu pensé avec attention. Un lieu dans lequel l’environnement, les matières, le confort, les usages et les personnes trouvent leur équilibre et dans lequel on se sent bien. Il n’a pas besoin d’être parfait, il doit être vivant.
Et maintenant ?
Cette édition était finalement une façon de vous expliquer d’où je viens et comment cet univers est progressivement devenu le mien.
Je n’ai pas décidé un jour de devenir éco-responsable. J’ai simplement continué d’observer, de chercher, d’expérimenter et de me poser des questions. Certaines réponses ont changé avec le temps, d’autres sont encore en train de se construire.
La suite ?
Je ne sais pas encore exactement où elle nous mènera, et c’est justement ce qui me plaît mais une chose est sur, je continuerai à vous écrire avec autant de passion.






