ÉDITION 003 – Décorer autrement, naturellement | Décoration naturelle d’automne à Monaco

Vitrine de décoration naturelle d'automne chez Instant Primitif à Monaco : cagettes de coloquintes, branche verticale et tapis de feuilles mortes

Dans l’Édition 002, je vous parlais d’inviter l’extérieur dans son intérieur. Cette fois, on passe à la pratique avec une décoration naturelle d’automne.

Depuis que nous sommes ensemble, Marie-Amélie et moi avons toujours eu envie de créer une décoration naturelle à la maison. Nous réunissons nos deux sensibilités autour d’une même idée : le bien-être intérieur et l’architecture responsable.

Avec Instant Primitif, notre showroom et concept store écoresponsable à Monaco, nous avons aussi l’occasion de mettre cette approche en pratique.

Cet été, nous avons lancé une série de stories, Les Chroniques de la vitrine. Sous ma direction, deux jeunes élèves de l’école Bosio (École d’arts plastiques de Monaco) ont pu laisser libre cours à leur créativité. L’objectif était de nous protéger naturellement du soleil, face aux fortes chaleurs, tout en faisant passer un message environnemental. Les matières principales étaient simplement du blanc de Meudon et de l’eau. Je vous invite à découvrir cette expérience sur notre Instagram.

Aujourd’hui, place à la décoration d’automne.

Le message que nous souhaitons véhiculer est simple : décorer avec ce que la nature nous offre, suivre le rythme des saisons et apprendre à faire autrement, sans acheter systématiquement du neuf.

Parce qu’une décoration peut être belle sans être compliquée, coûteuse ou destinée à finir à la poubelle quelques semaines plus tard.

Alors, comment procédons-nous ? Pourquoi avons-nous choisi cette approche ? C’est ce que nous allons découvrir dans cette édition.

Tout commence par une balade en famille

Dans un premier temps, nous sommes partis en week-end dans l’arrière-pays, plus précisément dans la vallée de la Vésubie, du côté de la famille de Marie-Amélie.

Nous nous sommes promenés en forêt avec les enfants. Chacune a ramassé ce qui lui plaisait : des bouts de bois, des pommes de pin, des feuilles… De petites choses qui attirent le regard lorsqu’on prend le temps de les observer.

Les filles étaient contentes, et nous aussi. Un bon moment en famille, tout simplement.

Puis, de retour à la maison, nous avons repris le rythme de la vie quotidienne. Mais rapidement, Marie-Amélie et moi avons réalisé qu’il nous faudrait davantage d’éléments pour imaginer notre décoration d’automne.

Nous avons donc poursuivi nos recherches, cette fois du côté de ma famille.

panier rempli de pomme de pin
architecte d'intérieur eco-responsable avec des branches de chêne naturel<br />
enfants qui ramassent des feuilles dans la nature
panier de châtaigne dans leur bogs

Du Piémont à la vitrine : châtaignes, coloquintes et grosses branches

Dans la montagne Piémontaise du côté de mes parents, nous avons la chance d’avoir de gros châtaigniers dans notre jardin ce qui nous a permis de ramasser des bogues de châtaignes, avec leurs grosses châtaignes encore à l’intérieur, ainsi que de grosses branches d’arbres. Des éléments bruts, aux formes irrégulières, qui apportent immédiatement du caractère à une composition.

Les courges, quant à elles, sont la production d’un paysan qui habite juste en dessous de la maison. Mes parents lui avaient passé une commande de pommes de terre cet été, et nous en avions profité pour prévoir de récupérer des courges décoratives. Elles sont toutes différentes : orange, jaunes, vertes, lisses ou bosselées, en forme d’étoile ou de col de cygne. De véritables merveilles naturelles.

Tout cela se retrouve dans la vitrine d’Instant Primitif.

Et c’est ce qui me plaît dans cette démarche : nous ne partons pas d’une décoration standardisée. Nous partons de ce que nous trouvons, de ce que nous aimons et de ce que la saison nous propose. 

Le projet prend alors une toute autre dimension. Chaque récolte est différente. Chaque année, le décor pourrait être renouvelé sans jamais être exactement le même. Il est vivant.

Nous n’avions pas besoin de choisir une couleur dans un catalogue ou de chercher une collection saisonnière. La palette était déjà là, sous nos pieds.

Il suffisait de nous remémorer ces beaux moments en famille pour que les idées reviennent et se construisent.

Pour vous dire à quel point ces moments comptent, à chaque fois que nous changeons la vitrine, les filles veulent participer. C’est comme si elles souhaitaient prolonger l’expérience partagée ensemble. Je ne leur ai jamais réellement posé la question, mais c’est mon ressenti en tant que père.

Comment avons-nous composé notre décoration naturelle d’automne ?

La méthode est simple : observer la nature et essayer de reproduire son équilibre à l’intérieur.

Nous avons réfléchi à la manière dont chaque élément se place dans un paysage, puis nous avons cherché à retrouver cette logique dans notre vitrine.

  • Les feuilles de chêne et les glands retombent vers le sol. Nous les avons installés au plafond pour retrouver ce mouvement naturel.
  • Les feuilles mortes recouvrent le sol. Nous avons aménagé un petit encadrement dans lequel nous les avons déposées pour créer un tapis végétal.
  • Les bogues et les pommes de pin se trouvent au sol. Nous les avons disposées pour conserver cet aspect spontané.
  • Les branches rappellent les troncs des arbres. Nous les avons placées à la verticale pour évoquer une petite forêt.
  • Les champignons poussent au sol. Ils viennent compléter cette composition en rappelant ce que l’on peut observer en forêt.
  • La mousse s’accroche aux pierres et à différentes surfaces. Marie-Amélie a eu l’idée de la faire descendre, presque en suspension, tout en la prolongeant jusqu’au sol.

Je ne dis pas que notre vitrine est parfaite, ce n’est d’ailleurs pas le but. Nous souhaitions simplement retrouver cet équilibre que la nature compose sans effort apparent : des volumes, des textures, des contrastes et des couleurs qui fonctionnent ensemble.

On peut faire la même chose chez soi, sans être décorateur et sans avoir besoin de beaucoup de matériel.

Nos conseils pour réussir une décoration naturelle d’automne chez soi

Avant d’acheter de nouveaux objets pour changer votre intérieur, prenez le temps de regarder ce qui vous entoure.

  • Pour les couleurs : inspirez-vous des feuilles, des écorces, des fruits et des paysages de la saison.
  • Pour les matières : associez le bois, les feuilles, les pommes de pin, les branches et les éléments que vous possédez déjà.
  • Pour la composition : jouez sur les hauteurs, les volumes, les matières brutes et les formes irrégulières.
  • Pour renouveler votre décoration : commencez par déplacer, réutiliser ou transformer ce que vous avez déjà, plutôt que d’acheter systématiquement de nouveaux accessoires.

Privilégiez les éléments naturellement tombés et respectez les milieux naturels : mieux vaut observer la mousse sur une pierre que l’arracher de son environnement. Pensez également à vérifier les règles de collecte applicables dans les espaces naturels.

Et surtout, ne cherchez pas à tout maîtriser. Une branche un peu tordue, une feuille abîmée ou une courge aux formes improbables peuvent justement donner tout son intérêt à votre décoration.

Quand l’artiste, c’est la nature

Cette décoration est jolie, mais elle raconte aussi quelque chose.

Les matières que nous avons utilisées sont brutes et naturelles. Elles n’ont pas besoin d’être transformées pour devenir intéressantes. Elles portent déjà les traces du temps, du climat et de leur environnement.

Et surtout, chaque pièce est unique.

On parle parfois de pièces uniques pour une céramique, un meuble ou un tableau. Ici, l’artiste, c’est la nature elle-même. Aucune coloquinte ne ressemble exactement à une autre. Aucune branche n’a la même courbe. Aucune feuille ne présente tout à fait les mêmes nuances.

C’est ce parfait imparfait qui me fascine et que j’évoquais déjà dans l’édition précédente.

De simples courges, de simples bogues de châtaignes, de simples pommes de pin… et pourtant, des pièces uniques.

Aujourd’hui, nous avons parfois tendance à compliquer la décoration. Nous cherchons le bon accessoire, la bonne couleur, la nouvelle collection. Pourtant, il suffit parfois d’aller se promener, de passer du temps ensemble, de regarder autour de soi et de laisser venir les idées.

Le résultat est unique parce qu’il raconte une histoire : celle d’un lieu, d’une saison et des personnes qui l’ont imaginé.

Décorer au rythme des saisons : moins acheter, mieux choisir

Cette vitrine d’automne nous permet aussi d’aborder une question plus large : notre décoration peut-elle évoluer avec les saisons sans que nous ayons besoin de tout racheter à chaque changement de calendrier ?

À l’automne, la nature nous offre des feuilles aux couleurs chaudes, des branches, des pommes de pin et des courges. En hiver, d’autres matières, d’autres lumières et d’autres ambiances peuvent prendre le relais. Au printemps, les premières pousses et les fleurs peuvent inspirer de nouvelles compositions. En été, les matières légères et les objets déjà présents à la maison peuvent suffire.

Il ne s’agit pas de bannir tous les objets décoratifs, ni de considérer qu’une décoration achetée est forcément mauvaise. Il s’agit plutôt de se poser une question avant chaque achat : en avons-nous réellement besoin ? Existe-t-il déjà quelque chose que nous pourrions réutiliser, détourner ou transformer ?

La décoration responsable commence souvent par ce simple changement de regard.

Elle invite à consommer moins, mais mieux, à choisir des objets que l’on aime vraiment, à conserver ceux qui ont une histoire et à accepter que certaines compositions soient éphémères.

Une décoration qui a une fin… et qui retourne à la nature

C’est un aspect qui nous intéresse particulièrement dans cette démarche.

Une vitrine saisonnière est, par définition, temporaire. Elle accompagne un moment de l’année, puis laisse sa place à une nouvelle ambiance.

Nous voulons justement suivre les saisons chez Instant Primitif, avec des décors qui évoluent au fil de l’année. Plutôt que d’acheter chaque fois une nouvelle décoration, nous souhaitons privilégier les matières naturelles et les éléments que nous pouvons récupérer, réutiliser ou valoriser.

Et lorsque l’automne sera terminé, que deviendront les feuilles, la mousse et les autres éléments végétaux ?

Lorsque leur nature et leur état le permettent, certaines matières végétales pourront rejoindre le compost ou être restituées au sol de manière appropriée. Les branches pourront être conservées pour une autre composition ou valorisées selon leur état.

Tout ne se composte pas de la même manière. Mais le principe reste le même : réfléchir dès le départ à la fin de vie de ce que nous utilisons.

Une décoration responsable ne se résume pas à ce que l’on choisit au départ. Elle tient aussi à ce que l’on en fait ensuite.

C’est une autre manière d’aborder les choses : ne plus considérer la décoration comme une succession d’achats et de déchets, mais comme un cycle qui suit celui des saisons.

Et maintenant ?

Cette édition est une invitation à sortir, observer, ramasser avec respect, composer et prendre le temps. Pas besoin de grand-chose : quelques matières naturelles, un peu d’imagination et des gens que l’on aime.

Peut-être qu’un intérieur plus responsable commence simplement par cette question :

Avons-nous vraiment besoin d’acheter ce que la nature nous offre déjà ?

Pas toujours. Parfois, il suffit d’une balade, d’un panier et de quelques heures en famille. Et pour celles et ceux qui n’ont pas le temps de ramasser, nous l’avons fait pour vous : tout est à la vente chez Instant Primitif.

À l’approche de l’hiver, nous préparerons une nouvelle ambiance pour la boutique. Les fêtes de fin d’année approchent, et nous avons déjà quelques idées pour les vivre, elles aussi, plus naturellement.

À très vite pour l’Édition 004.

ÉDITION 002 – Mon univers naturel et sain | Habitat sain à Monaco

ÉDITION 002 – Mon univers naturel et sain | Habitat sain à Monaco

François Cirillo, architecte d’intérieur à Monaco, entouré de matériaux éco-responsables chez Instant Primitif

Mon univers naturel et sain

Maintenant que vous savez un peu mieux qui je suis, avec ÉDITION 001- Le début d’une histoire, j’ai envie de vous raconter ce qui m’a progressivement conduit vers mon univers naturel et sain.

Je ne suis pas devenu éco-responsable du jour au lendemain et il n’y a pas eu un moment précis où je me suis dit : « Voilà, à partir de maintenant, je vais travailler dans cette direction. »

Avec le recul, je crois plutôt que tout s’est construit au fil du temps, grâce aux expériences, aux rencontres, aux projets et surtout grâce à une certaine façon de fonctionner qui était déjà là en moi depuis longtemps.

Avant de vous parler d’habitat sain, il faut donc revenir un peu en arrière.

Entre 10 et 20 ans, l’écologie n’était absolument pas dans mon univers. Loin de là.

Je voulais devenir pilote de Formule 1. Mon père, passionné d’automobile, m’a transmis cette passion et m’a fait découvrir les courses de karting.

J’ai donc commencé à courir, d’abord au niveau régional, puis à l’international. Pendant plusieurs années, nous avons passé nos week-ends sur les circuits. J’ai eu la chance de côtoyer plusieurs jeunes pilotes qui allaient ensuite devenir pilotes et parfois même champions du monde de Formule 1.

On se déplaçait presque tous les week-ends sur les circuits pour « brûler de la gomme », comme on disait, et l’essence coulait à flot, forcément.

L’époque était différente et les préoccupations environnementales n’étaient évidemment pas les mêmes. Et pour être honnête, faire attention ne me passait pas vraiment à l’esprit. Avec le recul, aujourd’hui à 41 ans, je pourrais donc parler d’un bilan carbone plutôt désastreux. Je garde pourtant en moi des souvenirs incroyables de ces années. Elles m’ont énormément appris.

Deux univers qui semblent pourtant opposés

François Cirillo, ancien pilote et parcours vers l’architecture d’intérieur

Le karting, c’est l’école de l’excellence automobile.

Les paddocks sont propres, organisés, précis. Avant d’entrer en piste, chaque détail compte. Tout est pensé pour gagner quelques dixièmes de seconde, parfois même des millièmes.

Puis, quelques années plus tard, je me suis retrouvé dans le monde du BTP.

À première vue, deux univers complètement différents et pourtant, avec le recul, je me rends compte qu’ils avaient beaucoup plus en commun que je ne le pensais.

Dans les deux cas, il faut observer, comprendre, anticiper, tester, corriger et chercher à faire mieux la fois suivante.

Aujourd’hui, c’est comme ça que j’aborde tous mes projets, personnels comme professionnels.

François Cirillo dans le BTP avant de devenir architecte d’intérieur

Je ne suis pas devenu éco-responsable du jour au lendemain

Après mes années de karting, il a fallu trouver ma voie. Mon père travaillait dans la promotion immobilière, cela m’avait donné quelques idées. Je me suis donc dirigé vers l’immobilier. Je voulais travailler « en chemise », comme je disais à ma mère, plutôt que dans un univers poussiéreux de chantier. Je n’ai finalement pas obtenu mon BTS Agent Immobilier. L’école, ce n’était pas mon truc. Je n’y allais pas souvent pour commencer et les règles de vie scolaire et l’assiduité que tout jeune homme devait avoir pour réussir étaient bien loin de moi. Je devais rattraper le temps perdu et, comme nous savons tous que le temps ne se rattrape pas, j’avais tendance à apprendre ce que je considérais comme réellement utile et à laisser de côté ce qui m’intéressait moins. Particulier comme façon de faire, je vous l’accorde. Mais en réalité, et là je suis capable d’apprendre beaucoup, je n’apprends que ce que j’estime utile pour aller plus loin. Le reste, je le laisse de côté.

La vie faisant son chemin, j’ai finalement demandé à mes parents s’ils accepteraient que je travaille avec eux. Et c’est là que j’ai réellement commencé à apprendre les projets. Comme je vous le racontais dans l’Édition 001, j’observais les entreprises, je posais des questions, j’essayais de comprendre leur travail et, surtout, je cherchais à voir comment les choses pouvaient être améliorées. Mon père me faisait participer à tous ces rendez-vous chez les notaires, les avocats et les architectes. La meilleure école, selon moi.

Chercher à faire mieux

Il faut comprendre que dans le monde du karting, on travaille constamment pour améliorer les performances. Sa condition physique, ses réflexes, une pièce, un réglage, une trajectoire… Tout peut être amélioré. En soi, le but est simple : aller plus vite et gagner la course. Je crois que cette manière de fonctionner m’est finalement restée.

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser au bâtiment, j’ai simplement appliqué la même logique à un autre univers. Comment faire mieux ?

Le projet qui a tout accéléré

villa écologique Classe énergétique A - Monaco

Le véritable déclic est arrivé lorsque mon papa a eu un très grave problème de santé et ma maman me dit :

« François, papa a dit qu’il faut continuer le chantier tout seul. »

Nous étions alors en 2010 et la RT2012 arrivait. J’ai immédiatement vu une opportunité. Pourquoi ne pas réaliser un programme en anticipant cette réglementation afin que les bâtiments soient déjà pensés dans cette logique lorsqu’ils seraient terminés ?

J’ai appelé des écoles, demandé des programmes, acheté des livres et surtout beaucoup appris seul. Je me suis parfois retrouvé face à des professionnels qui ne comprenaient pas forcément mes choix. Mon père lui-même ne voyait pas toujours où je voulais aller. Il y avait probablement une forme de choc générationnel. Mais j’ai continué.

Et finalement, les quatre villas ont été construites avec une classe énergétique A, avec un certificat de conformité du service d’urbanisme.

Pour moi, c’est une grande réussite. Pas parce que tout était parfait, mais parce que j’avais pris une idée, je l’avais étudiée, défendue et transformée en réalité aboutie. Cette expérience m’a finalement donné envie d’aller encore plus loin et de faire de cette spécialisation de terrain mon activité professionnelle.

J’ai créé Concept & Partner. 

Un habitat sain, ce n’est pas simplement une maison écologique

C’est progressivement à partir de là que ma réflexion a commencé à changer. Je ne regardais plus seulement la performance d’un bâtiment.

Je commençais à regarder le lieu dans son ensemble. Son environnement, sa lumière, son orientation, ses contraintes, ce que l’on peut conserver, ce que l’on peut améliorer et surtout, les personnes qui vont réellement vivre dans cet espace.

Je crois que c’est à ce moment-là que l’idée d’un habitat plus sain a commencé à prendre sa place dans ma manière de penser.

Dehors, mais aussi dedans

Lorsque l’on parle de construction responsable, on pense souvent au bâtiment dans son ensemble. L’énergie, l’isolation, les équipements, le chantier… Tout cela est évidemment essentiel. Mais qu’en est-il de l’intérieur ? Les peintures, les enduits, les colles, les revêtements, les meubles, les textiles…

Toutes ces matières vont pourtant nous entourer chaque jour.

C’est progressivement devenu une évidence pour moi : si l’on veut réfléchir à un habitat plus sain, il faut aussi regarder ce qui se trouve à l’intérieur.

C’est notamment ce qui m’a conduit à créer Instant Primitif, notre showroom et concept store éco-responsable à Monaco.

Je veux du naturel, mais je veux aussi du beau

C’est probablement l’une des choses qui me caractérisent le plus aujourd’hui. Je ne veux surtout pas tomber dans le cliché d’une écologie qui voudrait que, pour être responsable, il faille renoncer au beau. Je n’y crois pas. Un habitat sain doit être beau et agréable. On doit avoir envie d’y vivre et surtout, on doit s’y sentir bien.

C’est aussi pour cette raison que le choix des matières est devenu essentiel dans mon travail. Je me mets naturellement certaines barrières puisque je ne recherche pas toujours les mêmes produits que les autres architectes d’intérieur. Mais finalement, cette contrainte m’oblige aussi à chercher davantage, à comparer et à comprendre et j’adore ça! Donc no stress.

J’aime les matériaux qui vieillissent, les matières naturelles qui évoluent, qui change. Un enduit peut présenter de petites irrégularités. Je trouve cela intéressant, je ne cherche pas forcément à ce que tout soit figé dans le temps. J’aime qu’un intérieur puisse raconter une histoire, celle qui un jour deviendra la sienne.

Inviter l’extérieur dans son intérieur

Je répète souvent autour de moi qu’il faut inviter l’extérieur dans son intérieur. Je ne parle pas simplement d’ajouter quelques plantes. Je parle de faire entrer le vivant dans notre quotidien: Le bois, la pierre, le liège, les fibres naturelles, la lumière, les végétaux, les textures.

Cette relation entre l’intérieur et le vivant me fascine. Elle explique en grande partie pourquoi les matières occupent aujourd’hui une place aussi importante dans ma manière de concevoir.

Je ne cherche pas la maison parfaite

Il y a une expression que j’aime particulièrement : le parfait imparfait.

Je l’utilise pour décrire cette idée qu’un projet peut comporter des imperfections et être pourtant parfaitement équilibré.

Une matière peut présenter une variation. Un geste artisanal peut laisser une trace. Un enduit peut ne pas être parfaitement uniforme. Et pourtant, l’ensemble fonctionne. Comme dans la nature, une forêt n’est pas parfaite.

Chaque arbre est différent et pourtant, l’ensemble crée un équilibre.

C’est cette forme d’harmonie que je recherche: Le parfait imparfait

Et si le vrai luxe était de bien vivre chez soi ?

Sur la dernière page de mes dossiers d’architecture intérieure, j’ai écrit :

« Le luxe, c’est concevoir des projets de rénovation pour des espaces sains et naturels. »

Je travaille à Monaco et je connais l’univers du luxe. Mais selon moi, le luxe ne se résume pas nécessairement à avoir plus grand, plus cher ou plus spectaculaire. Le luxe peut être beaucoup plus simple: bien respirer, toucher de belles matières, entendre moins de bruit, être confortable.

Pour résumer, se sentir bien chez soi tout simplement.

C’est peut-être finalement cela que je recherche aujourd’hui dans la conception de mes projets.

Alors, qu’est-ce qu’un habitat sain ?

Pour moi, un habitat sain n’est finalement pas une maison remplie de produits écologiques. C’est un lieu pensé avec attention. Un lieu dans lequel l’environnement, les matières, le confort, les usages et les personnes trouvent leur équilibre et dans lequel on se sent bien. Il n’a pas besoin d’être parfait, il doit être vivant.

Et maintenant ?

Cette édition était finalement une façon de vous expliquer d’où je viens et comment cet univers est progressivement devenu le mien.

Je n’ai pas décidé un jour de devenir éco-responsable. J’ai simplement continué d’observer, de chercher, d’expérimenter et de me poser des questions. Certaines réponses ont changé avec le temps, d’autres sont encore en train de se construire.

La suite ?

Je ne sais pas encore exactement où elle nous mènera, et c’est justement ce qui me plaît mais une chose est sur, je continuerai à vous écrire avec autant de passion.

ÉDITION 001 – Architecte d’intérieur à Monaco | Le début d’une histoire

ÉDITION 001 – Architecte d’intérieur à Monaco | Le début d’une histoire

Je ne sais pas rester en vacances sans rien faire.

C’est les vacances! Enfin… Officiellement. Parce officieusement dans ma tête, je ne suis jamais vraiment en vacances.

Alors je me suis dit que c’était peut-être justement le bon moment pour faire quelque chose que j’avais en tête depuis un moment : créer un blog et partager avec vous un peu de mon univers.

Mais attention, je ne me lance pas comme ça, sans avoir réfléchi un peu à ce que je pouvais bien vous proposer. J’avais une seule envie, comme dans tout ce que j’entreprends: ne pas vouloir faire comme tout le monde.

Et surtout, je ne veux pas m’inventer une vie; Je suis comme je suis àprès tout!

J’aime aller loin dans les réflexions, regrouper plusieurs idées, faire des liens entre des domaines qui n’ont parfois absolument rien à voir et, au bout du compte, essayer de synthétiser tout cela en une idée.

C’est un peu comme ça que ce blog est né, ou plutôt… ce que j’espère sera un jour un magazine.

Pourquoi un blog quand on peut créer un magazine?

Je voulais quelque chose de différent, pas simplement une succession d’articles publiés au hasard, les uns après les autres. J’avais envie de créer une sorte de rendez-vous:

Édition 001
Édition 002
Édition 003

…

Et pourquoi pas, de temps en temps, des éditions spéciales ? À Noël, pour les anniversaires de Concept & Partner et d’Instant Primitif par exemple ou bien une édition consacrée à un de nos projets, à une matière, etc.

L’idée est finalement assez simple : construire quelque chose qui ressemble davantage à un magazine qu’à un blog traditionnel.

Et puisque je défends une manière plus responsable de consommer, cela me semblait aussi logique de ne pas vous envoyer un email chaque semaine simplement pour vous rappeler que j’existe. Je ne vais pas vous inonder de mails, loin de là. Je n’aurai pas le temps de tout façon et puis ce n’est pas bon d’un point de vue environnemental. 

Entre nous, je vous avoue même quelque chose : je ne lis jamais tout ce que je reçois. Alors pourquoi reproduire exactement ce que je ne fais pas ?

Il faut parfois accepter de réinventer les habitudes. C’est exactement ce que j’essaie de faire ici. Au fil des saisons, je vous proposerai quelques rendez-vous avec un petit concentré de tous les points fort des éditions publiées sous format « Magazine ».

Architecte d’intérieur à Monaco : avant de parler d’habitat, parlons de moi

Quoi de mieux pour commencer que de me présenter ?

Moi, c’est François – Architecte d’intérieur éco-responsable à Monaco. J’ai créé Concept & Partner en avril 2018 et, depuis, je n’ai finalement jamais cessé de faire évoluer cet univers.

Concrètement, j’accompagne mes clients dans leurs projets de rénovation et de construction, comme peut le faire un architecte d’intérieur traditionnel mais avec une spécialisation qui est devenue, au fil des années, une véritable ligne directrice :

les matériaux éco-responsables, la qualité des espaces intérieurs et une manière différente de concevoir l’habitat.

Aujourd’hui, je parle d’architecture d’intérieur éco-responsable, d’habitat sain, d‘environnement, de matériaux, de chantier sec, de conception bioclimatique.

Mais pour comprendre comment j’en suis arrivé là aujourd’hui, il faut probablement remonter un peu plus loin, bien avant Concept & Partner.

Avant l’architecte, il y avait un enfant curieux

Mes parents travaillaient dans la promotion immobilière, à titre privé. Ils achetaient des terrains, imaginaient un projet, construisaient, revendaient quelques années plus tard puis ils recommençaient.

J’ai donc grandi dans les travaux, dans les projets dans les plans dans les rendez-vous dans l’architecture, finalement, sans vraiment savoir que cela allait devenir mon métier.

J’étais extrêmement – je le suis toujours d’ailleurs… Curieux.

J’ai toujours voulu comprendre les choses, même complexes et suivre mon père était pour moi une opportunité immense.

Alors j’écoutais, je regardais et je participais même à des rendez-vous avec ses avocats, les notaires, les architectes, les chefs d’entreprise du BTP. J’ai assisté à de nombreuses réunions de chantier également. Mon dieu que le temps semblait long au début. 

Comme j’étais curieux et que j’avais, à mes yeux, tout le temps du monde, je regardais travailler les entreprises. J’essayais de comprendre comment ils faisaient, pourquoi cette étape venait avant celle-ci, pourquoi ce matériel était utilisée plutôt qu’une autre… Et lorsque je ne comprenais pas, je posais des questions.

Parfois, pour m’occuper, je tentais même de deviner à l’avance ce que l’ouvrier / artisant allait faire. J’aimais bien ce jeu…

Regarder, comprendre, essayer

À force d’observer, j’ai fini par avoir envie de faire parce qu’à un moment donné, regarder les autres travailler ne me suffisait plus.

Je devais essayer par moi-même, ce n’était plus drôle et entre nous, je ne vous cache pas que j’en avais un peu marre de simplement regarder. Il me fallait de l’action.

Alors je me souviens d’un Noël où j’ai demandé à ma grand-mère — enfin, en réalité, à la grand-mère de ma femme, Marie-Amélie — quelque chose qui l’a, je crois, un peu laissée perplexe : des couteaux à enduire comme cadeau de Noël.

J’étais, pour ma part, absolument ravi. Pourquoi ?

Parce que je savais que j’avais à ma disposition un chantier sur lequel je pouvais m’exercer gratuitement.

Mes premiers « outils professionnels »

J’ai donc commencé, recommencé puis à comprendre ce qui fonctionnait bien et surtout ce qui, selon moi, fonctionnait moins bien. Mon raisonnement était finalement assez simple :

« Je garde le bon des entreprises et j’essaie d’améliorer le reste. »

En multipliant les expériences chantier et les corps de métier, j’ai progressivement appris énormément de choses: la maçonnerie, la peinture, le carrelage, le bois, la plomberie Et beaucoup d’autres choses.

Je ne prétends évidemment pas tout savoir, on apprend toute sa vie, mais j’ai rapidement acquis une vision très concrète du chantier et de ce que représente réellement un projet lorsqu’on passe du dessin à la réalité. J’ai d’ailleurs pendant quelques temps également eut une entreprise de bâtiment.

Il y a cependant un domaine qui m’a longtemps résisté : l’électricité. Je ne sais pas vraiment pourquoi peut-être parce que j’en avais peur et que je n’avais pas pu m’exercer en vrai. Les normes en vigueur, les techniques, les risques… tout me paraissait plus délicat. Et puis, comme souvent chez moi, lorsque quelque chose me résiste, j’ai envie de comprendre.

Apprendre en faisant

Avec le temps, cette manière d’apprendre est devenue une véritable façon de travailler. Je ne voulais pas simplement connaître la théorie. Je voulais comprendre ce qui se passait réellement sur un chantier. Ce que représente une journée de travail pour une entreprise. Ce qu’implique une mauvaise préparation. Ce que coûte une erreur. Ce qui fonctionne réellement. Ce qui paraît simple sur un plan mais devient beaucoup plus compliqué une fois sur place. Et surtout, je voulais comprendre l’ensemble du projet. Pas uniquement mon métier.C’est probablement ce qui explique aujourd’hui ma manière de travailler.

Je peux concevoir un projet, réfléchir aux matériaux, anticiper les contraintes, échanger avec les différents intervenants et comprendre ce qui se passe lorsque le projet quitte le papier pour devenir un espace réel.

De Concept & Partner à Instant Primitif

Et puis il y a eu Instant Primitif.

Le 8 décembre 2025, nous avons ouvert à Monaco un showroom et concept store consacré à un univers éco-responsable, entre matériaux, décoration, objets et art de vivre.

Mais l’histoire de ce lieu avait commencé bien avant son ouverture. Le projet aura duré près de deux ans. Achat du fonds de commerce, dossier permis de construire, conception, travaux choix des matériaux, réalisation, suivi administratif, etc. Et finalement, obtention du recollement. Deux ans, cela peut sembler long mais attention… Et je pense que vous me voyez venir.

J’ai fait tout cela quasiment seul. Et même l’électricité. Oui, oui, même l’électricité.

Je ne vais pas rentrer ici dans les détails du projet. Il mériterait largement une édition à lui tout seul parce que cette aventure a été bien plus qu’un projet professionnel: C’était une véritable expérience de vie. Elle m’a permis de faire quelque chose que je considère comme essentiel : mettre en pratique tout ce que j’avais appris.

Une carte de visite grandeur nature

Je suis particulièrement satisfait de ce que j’ai réalisé avec Instant Primitif.

Pas dans le sens : « Regardez ce que j’ai fait tout seul. » Ce n’est absolument pas l’objectif. Mais plutôt parce que ce projet représentait pour moi une forme de démonstration. Je savais que j’en étais capable mais je voulais le montrer à Monaco, à mes clients et à moi-même aussi.

Comme je le dis souvent lorsque je parle de ce projet : « Instant Primitif est ma carte de visite ». Pas une carte de visite au sens commercial du terme mais plutôt en terme de preuve concrète de ma manière de travailler.

À travers ce projet, je voulais aussi comprendre quelque chose de très concret : combien coûte réellement un projet à Monaco? De A à Z parce que pour vous accompagner correctement dans votre projet, je pense qu’il faut l’avoir expérimenté par soit même avant.  

Architecte d’intérieur éco-responsable : quelle est ma manière de travailler ?

Aujourd’hui, je me définis comme architecte d’intérieur éco-responsable et si je devais être totalement honnête, je crois que je suis aussi une sorte de chef d’entreprise du BTP qui n’exerce plus mais… avec une particularité assez amusante : toute l’équipe porte le même prénom.

François le plombier, François l’électricien, François le peintre, François le carreleur, François le maçon, François le menuisier.

Et j’en passe. Il faut bien rire un peu! Non?

Mais derrière cette plaisanterie, il y a quelque chose de très sérieux. J’ai appris des métiers qui interviennent dans un projet et c’est cette vision globale que je souhaite aujourd’hui mettre au service de mes clients. Ce que j’appel la maitrise technique. 

Alors, je ne prétends pas avoir toutes les compétences, personne ne les a, mais je connais les miennes et grâce à cet édito, maintenant vous aussi. 

Pas de code. Enfin… si! Le mien.

Je n’ai pas vraiment de code. Ou plutôt si: J’ai le mien!

Je n’ai pas de limite particulière parce que je m’en fixe assez peu. Je préfère essayer, comprendre, tester, me tromper, recommencer que ne rien faire.

C’est probablement cette manière de fonctionner qui explique une grande partie de mon parcours.

Je n’ai jamais vraiment cherché à rentrer dans une case. Architecte d’intérieur ? Oui. Mais pas uniquement. Entrepreneur ? Aussi. Mais pas uniquement. Passionné? Évidemment. Chef de chantier? Par moments. Curieux? Tout le temps. Et finalement, peut-être que la meilleure définition de ce que je suis est beaucoup plus simple: J’aime comprendre comment les choses fonctionnent  et lorsque je comprends quelque chose, j’aime le transmettre.

Parce que je crois profondément que l’expérience n’a de véritable intérêt que lorsqu’elle peut servir à quelqu’un d’autre.

Finallement inconsciement je reproduis ce que mes parents et plus généralement mes encêtres ont fait. 

Pourquoi partager tout cela ?

Parce que derrière chaque projet il y a une expérience, derrière chaque matériau une histoire, derrière chaque choix une réflexion et derrière chaque métier des années d’apprentissage.

Ce magazine sera donc aussi cela: Un endroit où je pourrai vous parler de ce que je connais mais aussi de ce que je découvre, de mes projets, de mes erreurs, de mes réussites, de mes réflexions de l’architecture d’intérieur, des matériaux, de l’habitat sain, de l’environnement, de l’art de vivre.

Et parfois de choses qui, au premier regard, n’ont absolument rien à voir avec tout cela parce que c’est justement dans ces croisements que naissent souvent les meilleures idées.

Et maintenant : vers une architecture intérieure plus saine

Cette première édition était probablement la plus logique à écrire. Avant de vous parler de matériaux, de rénovation, d’architecture ou d’habitat sain, il fallait commencer par vous dire qui je suis et pourquoi je fais ce que je fais.

La suite sera beaucoup plus proche de l’univers que je construis aujourd’hui: Un univers dans lequel les matériaux ont leur importance, où l’on parle de qualité de l’air, de matières naturelles, de durabilité, mais aussi de confort, de sensations et de manière de vivre.

Parce qu’un habitat sain ne se résume pas à une liste de matériaux à cocher. Il se pense dans son ensemble.